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News
La quotidienne d'Annecy 2026 : jour 2 (lundi)
23 juin 2026
Par Zel
Annecy ne fait que commencer ! Bravant la canicule, Zel, notre envoyée sur place, nous fait part de ses découvertes et coups de cœur du second jour. Au programme pour elle ce lundi : une expo, des projections, mais aussi les prévisions d'un grand studio... Elle vous raconte tout !
| ✍ Reporter bénévole : Zel (Camille) Chargée de production en animation, exploitante en cinéma, journaliste |
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🔶 Ankama, de l'esquisse à l'épopée, 25 ans de création

Avant l’ouverture de la Cité de l’Animation, j’ai eu la chance de découvrir l’exposition retraçant les 25 ans du studio Ankama présentée par Antoine Rigaud, le commissaire de l’exposition.

Au-delà de la (re)découverte du Krosmoz, les anecdotes d’Antoine Rigaud sur son travail de recherche et sa passion offrent un tout autre regard sur cet univers. Il était également disponible pour répondre à nos questions ! Un jeu de piste a même été organisé, consistant à trouver des dofus en papier avec chacun une lettre, disséminés dans toute l'exposition. Une fois les dofus trouvés, nous avions droit à une illustration exclusive à récupérer à la boutique de l’exposition.
Anthony Roux (Tot), le papa de la licence, et Pauline Plaisant, qui officie à la tête du développement commercial et de la stratégie marketing du studio, étaient aussi présent·es ! Iels ont pu échanger avec nous durant toute la visite, nous livrant encore plus d'anecdotes et d’explications sur le Krosmoz et partageant leur fierté de voir tout leur travail exposé.
L’exposition est segmentée en plusieurs parties consacrées au jeu vidéo Dofus, à la série Wakfu et enfin à leur prochaine série Waven. Avec son contenu à lire et à visionner, comme des dessins préparatoires ou encore des vidéos making-of inédites, l’exposition nous transpose à merveille l’univers transmedia du studio Ankama. Un grand travail a été fourni par Antoine Rigaud afin de rendre accessible cette licence même aux néophytes. Le pari est réussi !



🔶Warner Bros. Pictures Animation – Un nouveau chapitre

Ce deuxième jour de festival, je retrouve la grande salle de Bonlieu pour la séance événement de Warner Bros Pictures Animation !
Après avoir découvert mon sac de goodies à l’effigie des films à venir de la Warner, la présentation a commencé avec l’arrivée comme toujours de Marcel Jean. Il a introduit Bill Damaschke, le président et directeur créatif de Warner Bros Pictures Animation.
Nous avons eu droit au line-up du studio pour les années à venir, présenté en exclusivité. Les films s’inscrivent non seulement dans la volonté de continuer à porter leur héritage cinématographique, mais aussi en ayant un œil tourné vers l’avenir.
C’est dans cette optique diachronique que nous avons eu droit à la projection de Daffy Season, un tout nouveau court-métrage mettant en scène le personnage de Daffy Duck. Animé en 3D avec un rendu 2D, ce style d’animation donne un nouveau souffle aux personnages des Looney Toons.
Dans les longs-métrages présentés, nous retrouvons Bad Fairies et Margie Claus prévus pour 2027. Pour l'année 2028, Warner Bros Animation a dévoilé une poignée de nouveaux longs-métrages :
- Oh the places you’ll go, adapté du livre du Dr Seuss
- Hello Kitty
- The Lunar Chronicle, une autre adaptation de romans
- Dynamic Duo, un nouvelle interprétation des personnages incarnant les différents Robin, l’acolyte du chevalier noir.
Une surprise qui a marqué la présentation est l’annonce de Prehistoria, le premier long-métrage de Vivziepop (Hazbin Hotel, Helluva Boss).
Bien qu’il soit prévu pour la fin de l'année (9 décembre 2026), Le Chat Chapeauté a également été cité, et nous avons aussi eu droit aux premières minutes du film !

Ce fut un beau panel d'annonces de longs-métrages à la direction artistique unique qui réaffirment chacun l’identité du studio.
🔶Dudley, l'invasion cosmique : l'écologie pour toute la famille

J’ai pu voir sur invitation Dudley, l’invasion cosmique de Cherifa Bakhti. On y suit Dudley, une jeune grenouille maladroite qui souhaite aider les habitant·es de son étang mais qui a du mal à trouver sa voie sous le regard critique de son père. Tout bascule lorsqu’une invasion de limaces extraterrestres débarque. Notre ado grenouille pourrait être le seul à pouvoir sauver la Terre de cette invasion…
Cherifa Bakhti était présente pour présenter son film et remercier le public et le festival en compagnie de Mark Mertens, le producteur et Graham Ralph, le scénariste du film.
Le long-métrage arrive à traiter de deux sujets de manière très équilibrée, à savoir la pollution et la protection de l’environnement. Il traite aussi des relations familiales — en particulier de la relation parent/enfant et des conflits qui peuvent naître lorsqu’il n’y a pas de communication et de dialogue sain. Dudley, l’invasion cosmique met aussi l’accent sur la créativité et la débrouillardise des nouvelles générations.
C’était une chouette séance pour un film très mignon à destination de la famille, qui délivre en plus de beaux messages ! Je pense que le personnage de Wormy, une petite chenille à l'adorable frimousse, trouvera un grand succès auprès du jeune public.
🔶Zsazsa Zaturnnah : un film queer philippin

| Synopsis |
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| Ada est un jeune coiffeur gay et introverti d'une petite ville des Philippines, résigné à une vie célibataire. Quand une météorite magique lui offre la possibilité de se transformer en super-héroïne flamboyante, il doit affronter monstres et zombies et même le risque d'être amoureux à nouveau. |
J’ai pu voir ce long-métrage philippin dans la petite salle de Bonlieu qui ne manquait pas d’ambiance !
Alors que Zsazsa Zaturnnah ouvre le bal des séances Midnights specials, la présentation du film s’est faite sous un tonnerre d'applaudissements. Il est assez rare de voir ce type de récit sur grand écran. C’est d’abord le producteur Franck Priot qui a remercié le public et l’ensemble des festivals dans lesquels Zsazsa Zaturnnah a été sélectionné. Sans ça, le producteur l’avoue lui-même, le film n’aurait peut-être pas pu voir le jour car les réponses du marché traditionnel avec ce genre de projet étaient toutes négatives. Ce n’est que petit à petit que le film, à force d’être projeté en festivals et pitché dans de nombreux évènements, a fini par trouver des soutiens financiers et autres. Le réalisateur Avid Liongoren est arrivé tel une tornade sur la scène, heureux de voir son film enfin projeté. En plus de remercier les artistes pour leur travail sur le film en plus de leur créativité, le réalisateur a adressé un message très clair : « Fuck AI »

Du côté du film, je me suis régalée ! Les rires fusaient dans la salle, dont les miens ! Zsazsa Zaturnnah possède d’excellents dialogues, en plus d’un humour absurde et génial. Son animation 2D est d’une grande qualité même s’il y a certaines inégalités (la foule en plan large n’est parfois pas dessinée entièrement). La direction du film est soignée avec un visuel inspiré des comics, qui colle à merveille avec son fond et ce qu’il est : une digestion des codes des super-héros et du genre magical girl par le prisme LGBTQIA+, saupoudrée de références à la pop culture. Les scènes d'action sont superbement dynamiques et s'inspirent encore de ces codes.
Pour autant le film arrive à avoir des moments dramatiques. Il traite de l’homophobie et explore notamment le passé traumatique d’Ada, que ce soit par les violences physiques intra-familiales quand il était enfant ou bien les violences conjugales qu’il a subies lors de sa précédente relation. Ada est un personnage auquel on s’identifie immédiatement en tant que spectateur·ice. Il a du mal à s'apprécier lui-même et fait tout pour les autres, sans jamais oser demander de l’aide.
Les seuls petits bémols que j’aurais à attribuer au film seraient peut-être sa perception binaire du genre (une femme a forcément un vagin et un homme a forcément un pénis), ce qui laisse peu de place à une réflexion autour de la non-binarité ou la transidentité.
Un autre défaut qui me vient en tête est la représentation des antagonistes féminines et par extension de leur féminisme. Même si elles ne revendiquent pas leur action comme étant des actes féministes, on peut les interpréter comme tels car dans l’inconscient collectif on compte de nombreux films ayant pour scénario uchronique une société matriarcale calquée sur le patriarcat. Elles possèdent le même rapport à la violence que les hommes, alors que justement le féminisme vise à s’émanciper de ces comportements toxiques. Mais sur ce point, et comparé aux autres longs-métrages de ce genre, Zsazsa Zaturnnah se veut volontairement exagéré, caricatural et absurde. Cette décision de comportement peut se justifier par le fait que Ada ait besoin d’antagonistes.
Mis à part ces deux points, j’ai passé un très bon moment devant le film et l’ambiance de la salle était géniale à vivre ! Il est beau de voir un film assumer sa représentation LGBTQIA+, en particulier de le visionner au cinéma alors qu’il a connu de nombreux obstacles de production.